Famille de Carbuccia

Témoignages concernant Jean-Luc Carbuccia

jeudi 24 juillet 2008 par Cyrille

Hugues le Roux a écrit dans son livre Gens de poudre :
« Tous les officiers étaient prêts à se faire tuer sur un geste de Carbuccia, le Père la Légion. « Nous avions pour chef Carbuccia, notre brave, intelligent, loyal et intrépide colonel, adoré de ses soldats pour sa justice et son intrépidité. La Légion étrangère l’aurait suivi jusqu’aux extrémités du monde » affirme le légionnaire Alexandre Maquet, dans Grand Désert du Sahara

Dans son livre sur la Légion étrangère, Roger de Beauvoir écrit :
« Carbuccia racontait qu’il ne fut jamais embarrassé pour faire des fouilles dans l’antique Lamboesis : « J’aurais pu construire une ville, disait-il, j’avais dans ma compagnie des architectes, des ingénieurs, des artistes. Quand j’avais besoin d’un savant, d’un écrivain ou d’un peintre, je le demandais par la voie de l’ordre et, le lendemain, les sergents-majors m’apportaient dix noms au lieu d’un. D’où venaient ces hommes ? Qu’avaient-ils fait dans leur pays ? Quels étaient leurs vrais noms ? Là-dessus, ils restaient impénétrables. »

Carbuccia faisait accepter à ses soldats des fatigues extraordinaires en dehors des obligations du service ; il montait les imaginations les plus froides au diapason de sa propre ardeur.

Un mémoire sur ses travaux archéologiques, fixa sur lui l’attention de l’académie des inscriptions et belles lettres qui, le 22 août 1851, lui décerna une médaille de satisfaction. L’officier ne l’accepta qu’à titre de récompense au 2e régiment de la Légion étrangère, en la personne de son chef qui, l’année d’après fut nommé membre correspondant de cette académie.

A la séance publique de l’Institut national de France, le 22 août 1951, l’académicien Lenormand déclarait : « Carbuccia s’est rendu digne de personnifier le zèle éclairé de nos soldats. Il ouvre une ère nouvelle dans les fastes scientifiques de l’Algérie... Nous avons dans Pompéi, la ville enfouie sous les cendres et surprise dans toutes les occupations de la vie. Lambèse nous montre la ville de sa population et dont le temps seul a rongé les pierres, au milieu d’une imposante solitude. L’invasion des Vandales dut porter la désorganisation dans cette garnison puissante, devenue le centre d’une population et d’un mouvement considérable. Sous Justinien, le génie de Rome, encore vivant, fit un dernier effort dont on retrouve partout les traces, mais le sabre fanatique des musulmans finit par étendre sur ces ruines, le silence de la mort. L’islamisme est comme la foudre : l’herbe ne repousse pas où il a frappé. En voyant ces temples et ces prétoires, en relevant ces milliers d’inscriptions qui apportent un tribu magnifique à l’épigraphie latine, Carbuccia se demandait d’où venait que les traces du christianisme avaient en quelque sorte disparu de cette terre, où sa domination fut si féconde : il eut bientôt l’explication du problème. Ayant découvert, à quelque distance de Lambèse, une église dont une précieuse mosaïque ornait le pavement, les Arabes vinrent pendant la nuit mutiler le monument chrétien ».

Son petit-neveu Horace, en voyage de noces avec Adry en 1927 après avoir visité Batna et Biskra, rencontra le bachaga à El Oued, qui lui parla de son grand-oncle, comme s’il l’avait intimement connu.

Un siècle plus tard, Arezki Oukid, l’un des premiers de l’insurrection nationaliste, manifestait à son arrière-petit-neveu Jean-Luc l’estime et la reconnaissance qu’il avait pour l’œuvre du colonel-archéologue. Henri d’Orléans, duc d’Aumale à Carbuccia, 23 novembre 1848 : « Je suis heureux, mais non surpris, de vos succès en tous genres dans votre commandement d’Aumale. Je ne doute pas que partout où vous serez, vous ne soyez en état de rendre de véritables services à votre pays. »

Maréchal Bugeaud, duc d’Isly 4 juin 1846 : « Carbuccia se distingue par un courage brillant, une activité infatigable et un mérite incontestable. Cet officier a rendu d’immenses services dans la dernière campagne et notamment dans le désert. »

Général Magnan : « Cet officier supérieur est d’une rare intelligence et d’une activité prodigieuse d’esprit et de corps. Excellent pour la paix comme pour la guerre. Appelé à une belle carrière, si les circonstances l’y aident. Bon et bienveillant jusqu’à paraître prodigue. »

Général de Barrail : « Le colonel était Corse d’origine, et la finesse italienne revivait tout entière sur sa physionomie, plus éveillée que régulière, et dans ses petits yeux que les lunettes abritaient, sans en dissimuler la vivacité. Son menton carré, sa mâchoire puissante, garnie de dents petites et blanches, disaient l’énergie de son caractère. Il était obligeant et aimable, jusqu’à paraître servile aux malintentionnés. Il avait une activité dévorante et lui cherchait partout des aliments nouveaux. »