Famille de Carbuccia

Puy-en-Vélais - Saint-Privat-d’Allier

Pélerinage à Saint Jacques de Compostelle

samedi 11 décembre 2004 par Cyrille

Journée du 11 décembre 2004 : Geneviève qui m’accueillait dans la communauté de la doctoresse Fayetou, soeur Marie-Luc en religion, me réveilla à 8h. Je dormais profondément sous de chaudes couvertures. Les portes de la Direction des pèlerinages étant fermées ce samedi d’hiver à 9h, je pars sans créancial.
Geneviève me conduit à la sortie de la ville. Peu à peu nous perçons le brouillard épais de la cuvette du Puy et nous retrouvons sur le plateau du Velay. Le soleil brille à l’horizon comme un phare éclairant le chemin. _ Le bleu du ciel est sans tâches comme les intentions du pèlerin. Je demande à ma conductrice, qui malicieusement voulait m’épargner quelques kilomètres, de stopper.
Je quitte le monde habituel et me retrouve seul sur le côté gauche de la D 589.

Une fourgonnette klaxonne joyeusement en me croisant ; je ne suis plus seul. Un vététiste, sac au dos, me dépasse fonçant tête baissée vers Santiago, m’ouvrant le chemin.

De grosses gouttes de rosée brillent à perte de vue au faîte des tiges vertes des champs.

Le souffle des voitures passe et repasse comme une mécanique irrégulière et monotone. Seul compte la répétition des pas qui mènent à la première étape.

Au bout d’une quinzaine de kilomètres, dans une montée, la plante avant de mes pieds durcit, les orteils se recroquevillent, les poumons brûlent, le coeur tire. Je caresse l’idée de faire du stop. Il reste 3 kms. Je m’arrête et tous les 100 pas en contournant une colline de pins dont la beauté ne me disait rien.

Arrivé à Montbonnet, à un branchement de la D 589 et du GR 75, je m’attable au Bar Saint Jacques. On y a vu passer une pèlerine hier qui s’exprimait mal en "français". Le jeune agriculteur qui tient l’estaminet, à qui je demande l’origine du nom du bourg, hasarde : " Je ne sais pas, mais avec toutes ces croix il devait y avoir avant quelque chose" Le soleil baisse. J’empreinte le GR 75 plus court que la route sur cette partie du trajet jusqu’à Saint-Privat, malgré la crainte de me perdre. Mon attention est mobilisée par la lecture des indications du Guide Rando. A la sortie du hameau du Chier, je parai du bras un bouvier des Flandres, émule de la bête du Gévaudan, qui me sautait à la gorge. La bête s’accrochant furieusement, déclencha ma colère et s’enfuit. Plus loin je pris un bout de bois pour me défendre contre un prochain molosse, comme le recommandant les guides.

Arrivé en clopinant à Saint-Privat au terme des 24 km de ma première étape, l’ancien compagnon charpentier du devoir, qui tient les chambres d’hôtes, me prévient que les chiens des villes attaquent de préférence les passants armés d’un bâton.

* II arrive que des chiens s’en prennent aux pèlerins en France. Il faut les signaler à la gendarmerie locale. En Espagne, ils sont bien tenus.


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