Famille de Carbuccia

Jean-Luc Carbuccia en Algérie

jeudi 24 juillet 2008 par Cyrille

L’armée d’Afrique a longtemps conservé le souvenir des hardis coups de main de Jean-Luc Carbuccia. Celui de Narah est demeuré légendaire. Ayant appris, le 27 avril 1849 que le cheikh de Narah avait été assassiné par ses administrés, et voulant étouffer le feu avant qu’il n’éclatât, il quitte brusquement Batna à quatre heures du soir avec deux bataillons, deux escadrons et deux canons. Le lendemain, à la chute du jour, il était aux pieds de Narah, ayant franchi, en 24 heures, avec de l’infanterie, près de vingt lieues à travers un pays hérissé d’obstacles. Enlevant sa petite troupe, après lui avoir donné un moment de repos, il escaladait la terrasse presque à pic qui sépare Narah de Ménah. Arrivé devant les murs de la ville insurgée, il la prenait d’assaut et la détruisait. Alors les gens, de Narah faisaient leur soumission et, le 29, la colonne rentrait a Batna, après avoir montré nos baïonnettes à toutes les tribus d’Abdi, surprises de cette apparition. « Cet audacieux exploit et cette marche rapide sont à méditer », écrit le lieutenant-colonel dé Lartigue, dans sa Monographie de l’Aurès. « Ils sont le meilleur exemple de ce qu’on peut faire avec des troupes entraînées, dans les mains d’un chef habile, entreprenant, sachant ce qu’il vaut et où il va ». Aussi prudent qu’intrépide, là même année - 1849 - commandant la subdivision de Batna, il écrivait à un de ses collaborateurs : « Vous êtes entré dans une voie de rigueur qui va être cause d’un trouble dans le pays. Voyez si vous ne pourriez pas louvoyer. La force convient aux forts. La ruse est la force de l’homme faible, jusqu’à ce qu’il soit fort. Nous sommes faibles très faibles, en ce moment. Nous avons besoin de paix pour arrêter l’insurrection qui gagne sur nos derrières.

Le commandement de la Légion étrangère est un commandement difficile, épineux. Il s’exerce sur des soldats intrépides, mais souvent difficiles à discipliner, natures étranges qu’il faut dominer par la puissance morale, hommes de toutes les nations, n’apportant souvent que leur courage.

Quelques jours après avoir pris la tête de la Légion, où venaient de se produire des actes d’indiscipline, Carbuccia, comme la troupe se mettait en marche, entendit crier : « Merde, pour Carbuccia ! »

Faisant arrêter le régiment, il lança :
« - Que celui qui vient de pousser ce cri ait le courage de sortir des rangs.
Aussitôt un soldat de haute taille se présente devant le colonel à cheval :
« - C’est toi qui as crié ?
- Oui, mon colonel.
- Veux-tu me tendre la main ?

L’homme tend la main sans méfiance. Sur quoi le colonel qui avait, dans le poignet, une force exceptionnelle, serre à briser la main du soldat, jusqu’à l’obliger à se mettre à genoux.

« - Ce sera ta seule punition ! » lui dit-il. Et le régiment se remet en marche. Par ce seul acte, la discipline fut rétablie.

Carbuccia sut se faire aimer de ces hommes, qui aiment peu et ne craignent rien.


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