Famille de Carbuccia

Jean-Luc Carbuccia (1808-1854)

jeudi 24 juillet 2008 par Cyrille

Jean-Luc Carbuccia (1808-1854), frère cadet du précédent (1803-1854) entre à Saint-Cyr à 17 ans et en sort, deux ans plus tard, sous-lieutenant au 17e de ligne. Sa carrière, écrit Mme Sébastien Silvani, va être « courte, brillante, glorieuse, utile à l’armée et aux sciences ».

Embarqué le 11 mai 1830 avec le corps expéditionnaire d’Algérie, il prend part aux durs combats du début : Sidi-Ferruch, Staouelli, Sidi Khaledat, Fontaine-Chapelle. Il se distingue notamment au siège de Fort Lempereur, au passage du Tenia, en octobre 1830, et au siège d’Oran. L’année suivante, il est nommé lieutenant et, en 1834, capitaine à 26 ans. Il rentre en France en 1836 mais ne tarde pas à avoir la nostalgie de l’Afrique. En 1839, sur sa demande, il retourne en Algérie, est blessé au combat d’Ouled-el-Kébir, près de Blida et reçoit une seconde blessure à El-Mezzaoni. Cité à l’ordre de l’armée au combat d’Ouled-el-Kalest, il est blessé une troisième fois, le 29 du même mois. Chef de bataillon à 33 ans, il récolte encore trois citations et est fait chevalier de la Légion d’honneur.

Sa bravoure, sa valeur militaire, l’adresse qu’il montre dans ses rapports avec les musulmans, lui valent la haute estime du duc d’Aumale et du maréchal Bugeaud, gouverneur de l’Algérie.

Le maréchal le propose pour le grade de lieutenant-colonel. Les bureaux nomment un autre officier. Bugeaud se fâche. Il écrit au ministre. Il rappelle « les services hors ligne » rendue par Carbuccia. « Personne n’ignore dans l’armée d’Afrique la préférence que je lui avais gardée. Je n’ai pas craint de le proclamer hautement et aucun de ses camarades n’a songé à contester ses titres ». Carbuccia est alors promu lieutenant-colonel, sa bravoure au combat de Djelfa lui vaut une nouvelle citation.

Après la révolution de 1848, il n’oublie pas la bienveillance que lui avait témoignée le duc d’Aumale (1) [1] et correspond fréquemment avec lui. « Merci, mon cher colonel, lui écrit le Prince, le 10 juillet 1848, du bon souvenir, que vous avez gardé à un ancien camarade, dont le cœur est toujours avec ses frères d’armes. La forme du gouvernement change, mais la patrie ne change pas. A elle tout mon amour et tout mon dévouement. Aussi, après tous les vœux que je forme pour le bonheur de la France, mon plus ardent espoir est de pouvoir la servir encore, le jour où, comme vous voulez bien l’espérer aussi, ce triste mot "perpétuité" sera rayé du décret de proscription qui a si douloureusement déchiré mon cœur. Ce jour-là sera le plus beau de ma vie.

Colonel à 40 ans, Carbuccia succède à Canrobert au 2ème régiment de la Légion étrangère et reçoit le commandement supérieur de la subdivision de Batna. Ses premiers mois de commandement se passent en opérations incessantes dans le Sud constantinois. Il participe à de nombreuses colonnes et « couvre de gloire aux assauts de Zaatcha », note le capitaine Rodier, chef du service information du 1er régiment étranger. Officier de la Légion d’honneur le 2 décembre 1850, il rentre en France le 1er mars 1851, ayant pris part, pendant 18 ans, à la pacification de l’Algérie.

[1] Duc d’Aumale, 4e fils de Louis-Philippe, légua le domaine de Chantilly et ses collections à l’Institut.


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